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 Lucia Danest [Terminée]

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Lucia Danest

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Messages : 9
Date d'inscription : 04/04/2012

MessageSujet: Lucia Danest [Terminée]   Dim 13 Mai - 0:23


Lucia DANEST





    Carte d'identité

    ♦Nom: Danest
    ♦Prénom(s): Lucia
    ♦Surnom(s): Cel Leoaica {La lionne} pour la férocité et la ténacité dont je fais preuve !
    ♦Âge: 23 ans
    ♦Groupe: Danest
    ♦Lieu de résidence: Bacau
    ♦Métier: étant une Danest, mon métier se résume à tenir mon rang en société… enfin, c’est ce qui est officiel. Officieusement, j’aime me grimer en soldat et me mêlé à la bataille. Les mondanités sont bien loin de mes goûts, je préfère à cela le métal des épées s’entrechoquant !


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    ♦Avis politique: Pour le règne de la famille Danest sur la Roumanie bien entendu.

    ♦Spécificité(s): Les métaux s’entrechoquant dans un vacarme infernal… L’épée est ma plus fidèle amie, et je sais la manier à merveille. Je ne comprends que ce langage, celui de la bataille ! On dit même que je surpasse mon frère en cette discipline !

    ♦Infecté ? Non



About Me

♦Physique♦

Le bal battait son plein. Les instruments de musique déversaient leur joyeuse mélodie parmi toute l’assistance. Les femmes dans leurs élégantes robes arboraient leur plus beau sourire, charmant les hommes restant à leur côté. Mais parmi tout ce luxe, se tenait une femme qui attira mon regard. Elle n’avait pas la même attitude que les autres. Se tenant à l’écart, son visage dénotait, malgré son air aimable, un ennui qui nous était commun.
Bien qu’elle ne semblait pas bien à l’aise dans sa mise, elle était élégante. Vêtue d’un bliaud bleu roi, ajusté à la taille et aux bras par un ensemble de lacets dorés, et qui finissait en évasé au niveau des avants bras. Sa robe laissait deviner une taille fine, une poitrine ronde et haute et des hanches émoussées.

Les cheveux de la damoiselle, blonds aux reflets caramel, étaient rassemblés en un chignon tressé sur le côté. Son visage, arrondis, accueillait des joues diaphanes au pastel velouté, des petits yeux, en amande, d’un bleu profond comme le plus pur des saphirs.

Lorsque l’un des danseurs s’approcha d’elle en lui tendant la main pour l’inviter à danser, son visage se tourna vers l’un des hommes qui se trouvait non loin d’elle. Voyant qu’il l’observait, elle reporta son regard sur l’homme, et un sourire contrit vint creuser une fossette au sommet de chaque joue, dévoilant un chapelet de perles à l’ivoire parfait. L’homme, trop charmé par l’accord de la jeune femme ne remarqua pas que ce sourire n’était pas naturel. Il semblait forcé, et lorsque mon regard intercepta celui de la jeune femme, je pus y lire autant de désespoir que d’impatience.

Elle présenta sa main à l’homme, une main fine, bien que sa peau rosée semblait avoir connue la rudesse d’un travail manuel.

Ses pas suivirent maladroitement ceux de l’homme, tandis qu’il l’entraînait dans une folle ronde à la suite des autres danseurs. Son corps gardait une distance par rapport à l’autre, et son visage se referma de toute émotion, comme pour prévenir son partenaire qu’il était inutile de vouloir plus d’elle. Elle manquait encore de grâce et d’élégance dans ses pas, comme si danser n’était pas naturel pour elle. Malgré tout, elle attendit la fin du morceau avant de briser la danse. Elle salua de la tête son partenaire, avant de s’éclipser au milieu des convives.

Curieux d’en savoir plus d’elle, je m’avançais pour la suivre. Ses pas continuèrent vers un couloir que personne ne semblait apercevoir. Sa sortie fut discrète. Me faisant tout aussi discret, je suivais cette dame, dont le pas s’était accéléré, devenant tout d’un coup moins féminin, plus… viril.

S’en suivit un dédale de couloir, pour enfin arriver dans une des ailes du palais. Ses pas disparurent derrière l’une des lourdes portes.

Déçu de devoir en rester là, et ma curiosité aiguisée par cette curieuse individu, j’osais glisser un œil dans le trou de la serrure. La jeune femme se trouvait bien là. Une chambre…

La belle, commença à défaire avec fébrilité, les lacets retenant sa robe. Devais-je continuer à l’observer, ceci devenant trop intime ? Je ne m’en posais même pas la question lorsque le tissu glissa le long de sa peau satinée. Elle n’avait rien à envier aux autres jeunes femmes, sûrement pas de sa chute de rein légèrement cambrée, ni de ses seins fermes. Ses jambes étaient longues et fines, bien qu’elle ne due pas faire plus d’un mètre soixante-cinq. Son corps semblait menu, frêle, comme si on aurait pu le briser d’un simple geste. Pourtant, les gestes de la jeune femme pour retirer les épingles retenant sa coiffe, semblaient tout, sauf fragiles.

Lorsque la dernière fut posée sur une coiffeuse, ses cheveux couleur soleil tombèrent en cascade sur les reins de la jeune femme. Ils étaient raides et coupés bien droit. Peut être à l’image que semblait déceler l’homme de la jeune femme… droite.

La belle se saisit alors d’un pantalon qu’elle gardait non loin d’elle, coupant net toute élégance qu’elle avait pu avoir auparavant. Elle s’attela ensuite à bander sa poitrine, comprimant ses deux avantages. Elle enfila ensuite des jambières, puis un haubert, avant de se saisir d’une main sûre, presque amoureuse, telle une amante, de son épée, puis d’un casque qu’elle glissa sous le bras. Tant de gestes qui me semblaient machinales, comme si s’habiller en homme était plus naturel en elle que sa mise féminine…

Je reculais d’un pas, cessant d’épier la belle. La rose s’était transformée en fille de guerre…

Je détournais mes pas, me sentant soudain honteux de mon indiscrétion, mes joues rosissant, et perplexe quant à la personne que j’avais suivie…

♦Caractère♦

La jeune femme se stoppa une nouvelle fois devant le miroir, songeuse. Voilà plusieurs années déjà qu’elle se grimait en soldat. Son père ne pouvait pas comprendre… D’ailleurs la connaissait-il vraiment ? Malgré l’affection qu’elle éprouvait pour lui, elle ne pouvait pas dire qu’il avait été beaucoup présent pour elle. C’est sa mère qui avait fait son éducation. En la perdant elle, elle avait tout perdu. Elle s’était perdue elle-même, restant entre les murs de la demeure familiale auprès du corps de sa mère…
Depuis sa mort elle n’était plus que rancune, colère, dégoût, honte et vengeance… Elle, si coquette et féminine lors de son enfance, ne portait plus que des robes par dépit, pour sauver les apparences. Elle était la fille d’un roi, elle se devait de bien paraître. Pourtant, à l’insu de tout le monde, elle était bien loin de tout cela. Sa passion… c’était l’épée. Sa maîtresse ? L’art et la manière de la manier. Au point que son regard ne se posait point sur les hommes qui l’entouraient, et les jeux de l’amour n’étaient guère la préoccupation de la belle.

Belle… Elle l’était, et pourtant voilà bien une chose dont elle se moquait. Ses formes féminines, ses courbes généreuses, elle les aurait bien données à d’autres. Son corps était pour elle une source de gêne, et le regarder ne lui apportait que souffrances, dont un pincement au cœur venait lui rappeler cruellement pourquoi. Elle aurait mille fois préféré naître en tant qu’homme, ne serait-ce que pour avoir le privilège d’apprendre à se battre comme un homme. Bien que… cette chose fut réglée par elle-même. Elle apprit toute seule, et cela se révéla être un véritable don pour elle. Dotée d’une volonté de fer, telle une lionne, sa proie ne parvenait que rarement à lui filer entre les doigts. Têtue… Oui, on lui répétait souvent, tout comme butée.

Peste était aussi un mot qui pouvait la qualifier. Elle n’aimait pas qu’on lui interdise quelque chose, ou bien même qu’on s’oppose à elle. Peut-être était-elle un peu capricieuse… en soi elle ne s’en rendait pas forcement compte… sauf du fait qu’il ne fallait pas la chercher… sinon on risquait bien de s’en mordre les doigts. Du répondant, ça elle en avait. Et le franc-parler était de mise chez elle.

Bien sûr, face à son père il en était tout autre… Elle n’était pas une croyante comme lui. A vrai dire, elle ne savait pas très bien où elle en était avec la religion. S’imaginer un dieu qui puisse à ses yeux être si injuste et si impassible face aux atrocités qui pouvaient se passer, semblait lui être impossible. Alors elle préférait s’en remettre à son père. Elle se considérait comme son bras, sa volonté. Si ses décisions étaient dictés par un dieu, soit… Elle ne voyait qu’une chose… l’honneur de sa famille. C’était une chose importante pour elle.

Mais l’endroit où elle se révélait vraiment, était sur un champ de bataille. Sous ses habits masculins, elle se laissait alors aller à ses impulsions. Elle se révélait être une féroce combattante, et une meneuse d’homme hors pair. Pas besoin de mots quand l’épée en exprimait tant ! Elle préférait toujours les actes aux paroles. Elle n’était d’ailleurs pas très loquace. Sauf lorsqu’il s’agissait de râler… Dans ce domaine elle s’avérait être la reine… Elle était une fille très lunatique qui se laissait souvent aller à ses émotions plutôt qu’à sa raison.

Seulement, en dehors de ça, sous cette coquille de férocité, se cachait une femme gentille et généreuse. Il suffisait seulement de savoir briser la coquille…

Sortant de ses pensées, elle enfila son casque, puis avec une certaine frénésie d’où pointait de l’impatience, sortie de la pièce.


♦Histoire♦

La pièce était encore sombre malgré la matinée déjà avancée. D’épais rideaux protégeaient ses occupants du soleil et de ses rayons chauds. Tout était encore silencieux. Dans ces lieux, on pouvait déceler une certaine richesse, dénotant de la noblesse des habitants.
Trônait en son centre, un lit en bois finement ouvragé. Un travail méticuleux retraçant des figures héroïques de l’histoire. Mais cela n’était point la préoccupation de son occupante. Dans les draps blancs de soie, dormait une jeune femme. Etendue sur le ventre, la couverture avait semblé suivre la courbure naturelle de ses reins, s’arrêtant seulement au-dessus de ses fesses, laissant à nu la peau de satin de la demoiselle. Ses cheveux en bataille, d’un blond caramel, semblaient auréoler l’oreille qu’elle tenait serré contre son visage. Un visage bien dessiné et pourtant torturé par une affreuse apparence de souffrance. Elle rêvait… Un rêve qui n’en finissait plus, un rêve qui n’en était pas un…


« Et vous voilà fin prête mademoiselle Lucia ! »


La petite fille ouvrit les yeux pour se regarder dans le miroir. Devant elle se peignait l’image d’une fillette vêtue d’un bliaud bleu roi, lui enserrant la taille avec une fine ceinture dorée. Ses cheveux avaient été tressés afin de retenir ses cheveux blonds sur le côté du visage, puis finalement laissés libres de leur mouvement, une fois à l’arrière de la tête. Un petit sourire apparu sur son visage. Elle était satisfaite. Elle était habillée comme maman pensait-elle. Elle se tourna timidement vers sa domestique pour la remercier. Elle s’élança alors hors de la pièce, impatiente de rejoindre sa mère.
Elle courut jusqu’à l’entrée de la demeure, puis s’arrêta avant d’en franchir le seuil. Elle vérifia être bien coiffée et bien misée, puis sortit. Elle voulait que sa mère soit fière d’elle ! Elle qui l’aimait tant ! Elle voulait que son regard se pose encore une fois sur elle, et qu’un sourire illumine son visage…
Elle marchait d’un pas mesuré, la cherchant du regard. Elle la trouva assise sous l’un des chênes, à l’abri du soleil. Son visage était rayonnant. Elle ressemblait à sa fille. La même chevelure blonde, les mêmes yeux bleus foncés… Elle sourit à son approche.


« Que vous êtes belle princesse… »

Ces quelques mots réussirent à changer la mimique du visage, si sérieux et digne, en un sourire resplendissant sur le visage de Lucia. Elle avait aujourd’hui six ans, et avait attendu ces mots avec encore plus d’impatience qu’une quelconque autre chose. Elle s’installa à côté de sa mère, puis tourna un visage plein d’espoir vers elle, son cœur semblant battre plus fort encore qu’à l’accoutumé.

« Mère… »

Elle hésita. Elle avait peur de savoir déjà la réponse. Cependant, le sourire encourageant de celle-ci l’incita à continuer sa question.

« Est-ce que père sera présent pour mon anniversaire cette année ? »


Le sourire s’estompa quelque peu sur le visage de la matrone, bien qu’elle se reprit bien vite. Elle posa une main sage sur la tête de l’enfant. Seulement celle-ci avait déjà compris. Elle eut un pincement au cœur. Des regrets, toujours des regrets… Elle s’en doutait… Chaque année, seule sa mère le fêtait avec elle. Parfois son frère et sa sœur aussi, mais là aussi il était rare de les voir. Ils étaient tous occupés avec leur père, l’une étant l’aînée de la famille, et l’autre étant le seul garçon héritier…
La fillette tenta de cacher tant bien que mal sa déception derrière un sourire naïf.


« Non ton père ne seras pas là… mais tu sais qu’il pense quand même à toi… »


« Je sais… » la coupa la jeune fille. « Mais il est occupé par les conflits avec les Basarab, et doit veiller à la sécurité du pays. Je ne lui en veux pas, il fait son devoir. »

Il y avait déjà bien longtemps qu’on lui apprit cela. A force de question, on lui avait expliqué les conflits opposant les deux familles. La situation devenait tendue, et la guerre semblait imminente. Chacun attendait une menace de l’autre pour passer à l’attaque ! Son père étant un Danest, le dirigeant des terres de l’est. Il avait de lourdes responsabilités, ne lui permettant pas de lui accorder du temps. Il formait également son fils, l’héritier, afin qu’il reprenne le flambeau plus tard. Son fils… Qu’elle ne fut la déception qu’il avait eu, lorsqu’il découvrit que son deuxième enfant n’était point un fils comme il l’avait espéré, mais une petite fille. Il l’aimait, certes, mais il ne pensait pas qu’elle aurait les épaules pour diriger un pays. Une femme n’était pas un soldat, mais une personne devant s’occuper du foyer, et de créer la future descendance… Alors Valeriu n’acquit… un fils… un héritier.
Bien sûr, sa mère s’était bien gardée de lui dire tout cela, mais les bruits couraient vite dans la demeure familiale… Et ils avaient portés jusqu’aux oreilles de la fillette. Cela la peina. Mais sa mère était là, et elle puisait son réconfort en elle. Celle-ci essayait de consacrer le plus de temps possible à sa fille, comblant le manque affectif paternel.
On peut dire que la fillette était heureuse malgré tout cela… Et cette journée resta gravée comme une des plus belles dans l’esprit de la fillette, malgré la nouvelle déception générée par son père…


Nouveau printemps, et une année de plus pour Lucia… La guerre avait éclatée. Son père était partit au front guerroyer contre les Basarab. Il ne restait plus que la mère ainsi que ses enfants. En son absence, la régence du pays revenait aux conseillers les plus sûrs de la famille, bien que Camilla gardait un pouvoir décisionnaire en cas de mésentente.
La fillette avait convaincu sa mère d’aller dans une de leur demeure plus vers la frontière pour ses sept ans. Là-bas, la vie semblait tout autre. Comme si les conflits n’existaient plus. La forêt bordait les demeures, et mère et fille aimait y rester des heures. C’était également une occasion pour que la fillette passe plus de temps avec sa mère.
Ainsi, le voyage fut organisé. Valeriu et Constanta, eux, ne purent venir avec elles.
Il n’était pas prévu qu’elles y restent longtemps. Mais ce fut tout de même trop longtemps.

La fillette fut réveillée tôt le matin par un vacarme qu’elle ne put identifier. D’habitude, tout était calme dans la résidence. Malgré ses yeux encore ensommeillés, elle se redressa, essayant d’identifier le problème. La porte de la chambre s’ouvrit alors à la volée, laissant entrer une des domestiques. C’est là que Lucia comprit qu’il y avait un problème. Des gestes rapides accompagnaient le visage livide de la domestique. Elle prit sans un mot la fillette dans ses bras, ainsi que son mantel, pour l’entraîner à sa suite.


« Où est-ce qu’on va ? Et où est ma mère ? »

« Elle nous rejoindra plus tard… »


Mais ces mots sonnaient faux. La petite pouvait sentir la panique dans sa voix. Autant que le mensonge… Elle ne savait pas ce qu’il se passait, mais pour elle, cela ne présageait rien de bon. Elle essaya alors de se dégager des mains de la domestique.

« Je veux aller la voir ! »


« Soyez raisonnable mademoiselle… Elle nous rejoindra vous dis-je… »

Mais la fillette n’en fit qu’à sa tête. Elle commença à se débattre dans ses bras qui lui faisaient un effet d’étau à ce moment-là. Si bien, que la domestique, bien en peine, fut obligée de la poser au sol. Profitant de ce moment, la petite fila d’entre les mains de la femme, et couru jusqu’à la chambre de sa mère. Chaque couloir dépassé affolait encore plus le cœur de la fillette. Elle ne voulait pas songer à ce qu’il se passait. Elle voulait seulement retrouver sa mère, et aller dans ses bras protecteurs… Mais elle n’eut pas besoin d’aller jusque là-bas. Essoufflée, elle s’arrêta lorsqu’elle aperçut sa mère. Elle n’était pas seule. Un homme la retenait par le bras, une épée tenue en son autre main. Basarab… Il n’y avait aucun doute que c’était lui. Sa mère lui avait décrit cet homme, et sans nul doute que cet éclat de cruauté qu’elle voyait briller dans ses yeux ne pouvait que lui appartenir !
Lorsque Camilla vit sa fille, la terreur se lut sur son visage. Essayant de se libérer de la poigne de l’homme elle cria à sa fille :


« Cours Lucia ! Cours !! »


Mais la petite fille ne pouvait se résoudre… Elle sentait son cœur palpiter de peur. Elle avait peur pour elle, mais pour sa mère aussi. Qu’allait-elle faire entre les mains de cet homme ? Comment pouvait-elle l’aider ?! Il fallait qu’elle fasse quelque chose, n’importe quoi… Mais quoi ? Hélas elle n’avait pas la réponse… L’homme quant à lui, afficha un sourire cruel lorsqu’il la vit. Levant son épée, elle finit sa course dans l’abdomen de la femme. L’enfant hurla de terreur. Au même moment, la domestique rattrapa la fillette. Elle la prit dans ses bras, et entreprit de prendre la fuite. Cela n’était guère évident. La petite hurlait, les larmes ruisselant sur les joues. Elle se débattait comme un diable pour se soustraire à l’emprise de la femme. Elle voulait rejoindre sa mère. Elle ne pouvait pas être morte. On ne pouvait pas être si cruel, pas avec une femme aussi bonne et juste. Ce n’était tout simplement pas concevable… Elle voyait le sang s’écouler du ventre de sa mère, son visage s’étirer en une dernière expression de stupeur avant que son corps ne tombe dans une lenteur insoutenable… Lorsque le corps toucha le sol… Lucia sut que c’était la fin, que sa mère ne reviendrait plus. Le désespoir l’accabla. Elle se retrouverait seule… atrocement seule !

Les dédales de couloirs s’enchaînent tandis que la servante l’emmenait loin du carnage. Leur passage était jonché de corps des domestiques travaillant dans la demeure. Plus aucuns survivants à part elles deux… Et encore… leur vie était compromise par les soldats de Basarab qu’il avait envoyés à leur suite. Elle les entendait courir dans les couloirs. Le seul avantage qu’elles avaient était de connaître le moindre recoin de la résidence…
Elles furent bientôt à l’extérieur de la demeure. La servante posa alors la fillette par terre, s’accroupissant devant elle en lui prenant le visage entre ses mains.


« Ecoutez-moi bien Lucia… Sauvez votre vie ! Courrez vers la forêt autant que vous le pourrez ! Je vais essayer de les entraîner dans une mauvaise direction. »

« Mais ma mère… elle est là-bas… »


« Nous ne pouvons rien faire pour elle… Partez Lucia ! Allez rejoindre votre père ! »


Malgré son envie de retourner sur ses pas, la petite savait que la domestique avait raison… Elle n’avait pas envie d’être seule… Pourtant elle prit le mantel que celle-ci lui tendait, le mit sur ses épaules, et s’élança… Elle courut aussi vite qu’elle put, ignorant le point de côté qui la tiraillait, ignorant ses pieds qui la faisaient affreusement souffrir, ignorant le froid mordant qui la tenaillait alors que sous son mantel, elle n’était encore simplement vêtue qu’une chemise de lin blanche… Elle devait aller prévenir son père… peut être qu’il pourrait sauver sa mère ! Elle voulait s’accrocher à l’idée qu’elle pourrait être encore en vie… Bien que non… Elle savait bien que c’était trop tard… Mais se l’avouer pour une petite fille si jeune était bien trop difficile ! Alors elle préférait ne penser à rien… Elle ne s’arrêtait qu’une fois à bout de souffle… La nuit commençait déjà à tomber sur la forêt. Tous les petits bruits de la vie s’y trouvant commencèrent alors à devenir angoissants… Un craquement de bois par-ci… un bruissement de feuillage par là. Tout devenait source de terreur chez la petite fille. Elle retenait à grande peine des sanglots, une boule de stresse lui contractant l’estomac.
Elle s’arrêta pour prendre son souffle. Elle entendit alors des bruits de pas venant vers elle. Elle ne savait pas quoi faire ! Elle espérait que ce soit quelqu’un de son pays, et non un Basarab. Qu’allait-elle faire ? Reculant contre un arbre, elle braqua son regard vers la provenance du bruit. A chaque pas, son cœur battait plus vite encore, s’affolant d’avantage… Jusqu’à ce qu’apparaisse un homme. Un soldat… Le regard de Lucia se porta sur la livrée du soldat. Elle eut le malheur de voir qu’il ne s’agissait en aucun cas de celle des Danest… mais bien celle de son ennemi le plus féroce ! Son regard se posa alors sur la fillette. Il ne sembla pas la reconnaître. Mais le regard qu’il posait sur elle mettait mal à l’aise la fillette. Il la détaillait de la tête au pied en s’approchant d’elle doucement, comme pour ne pas l’effrayer. Mais cette attitude à vrai dire, terrifiait la fillette. Il posa enfin la main sur elle, et d’une voix sûre et enjôleuse prononça ces paroles :


« Tu es toute seule ma petite ? Ne t’inquiètes pas, je vais bien m’occuper de toi… »

Non… NON !!!

La jeune femme se réveilla en sursaut. Un rai de soleil venait réchauffer son corps déjà bouillant et en sueur. Malgré l’éblouissement que l’astre solaire engendrait, elle avait ses yeux bleus grands ouverts, ceux-ci parcourant la pièce dans le but de se ré imprégner de la réalité. Elle se redressa sur les oreillers, la couverture tombant définitivement sur le lit, dévoilant son corps dénudé. De fines larmes perlaient aux coins des yeux de la jeune femme, qu’elle essuya rageusement. Pourquoi pleurait-elle ? Ce souvenir ne l’avait-il pas encore assez hantés nuits après nuits ?! Elle fixa ses mains, souillée par le sang de sa mère. Et ce corps… si féminin à son goût… et pourtant salis à jamais par ce soldat cette nuit-là… et chaque nuit depuis ce jour-là. Chaque nuit qu’elle revivait le même cauchemar. Chaque nuit, où cette enfant suppliait cet homme d’arrêter. L’implorait de la laisser… Et souffrait des sévices corporels que tant de sauvagerie ravageait.
Oui… ce jour-là elle avait tout perdu par sa faute… Elle avait conduit sa mère à la mort, et le déshonneur sur sa personne. Ses mains, souillées de sang, ne portaient pas seulement celui de sa mère, mais aussi le sien, lorsqu’elle se fit déflorer.
La jeune femme se leva, délaissant sa couche pour aller se planter devant un miroir sur pieds, entreposé à côté du lit. Elle y porta son regard, fixant pensivement l’image qu’elle renvoyait. Qu’est ce qui avait bien put plaire à ce soldat ? Elle n’était qu’une petite fille ! Toutes ses formes… elle ne les avait pas à sept ans ! Elle détourna le regard. Elle ressentait de la honte… tellement de honte ! La colère, les regrets et la souffrance s’entremêlaient en elle… Malgré sa volonté de tourner la page, ses cauchemars revenaient marquer au fer rouge ce qu’elle tentait vainement d’oublier.
A chaque fois, l’image de cette petite fille, laissée comme morte dans la forêt lui revenait en mémoire. Ses sanglots hantaient ses nuits.


Et la nuit fut bercée par ses pleurs. Seule dans la nuit, recroquevillée dans son mantel, elle espérait que quelqu’un vienne la sortir de son enfer.
Ce ne fut seulement que le lendemain, que quelqu’un répondit à son appel. Alors que la petite était tremblante de fièvre d’avoir passé la nuit dehors alors que les nuits étaient fraîches et pluvieuses, des bruits de pas se firent de nouveau entendre. La petite, effrayée, n’avait même plus la force de se cacher. Elle redoutait une fois de plus, l’arrivée d’un nouveau soldat. Qui sait ce que pourrait lui faire le prochain ? Son petit corps tremblait dans l’attente d’une nouvelle épreuve. Mais ce fut une vieille dame qui s’approcha. Enveloppé dans son manteau gris délavé et usé. Surement une mendiante au vue de son habillement. Son regard se porta sur l’enfant et glissa lentement de son front en sueur jusqu’à ses mains couvertes de sang. La petite put lire dans ses yeux de l’hésitation. Craignait-elle d’être exposée à cette peste qui se propageait partout dans le pays ? La Cuima lui Satan ? Si c’est le cas, son hésitation fut de brève durée. Elle s’avança vers la fillette, murmurant un « pauvre petite » avant de lui recouvrir les épaules de son manteau, seul rempart contre le froid. Elle prit ensuite la petite dans ses bras et la serra contre elle.


« Comment t’appelles-tu ma petite ? »


« Lucia… Lucia Danest… »


La vieille dame ouvrit des yeux ronds de surprise. Peut-être était-ce la fièvre qui faisait délirer la fillette ? Ou peut-être était-elle la personne qu’elle prétendait être. N’écoutant que son cœur généreux, la vieille dame, serrant l’enfant qui déjà sombrait dans les méandres du sommeil, s’enfonça dans la forêt, prête à parcourir des contés entiers pour ramener l’enfant chez elle.

Lucia, une main posée sur chacun de ses bras, les serra contre sa poitrine, comme si ceux-ci allaient la protéger d’elle-même et de ses souvenirs. Elle se souvenait très bien de son voyage avec la vieille dame. Sa générosité était sans pareil. Malheureusement, on ne pouvait pas dire pareil des gens qui croisaient leur route. Elles étaient toutes deux repoussées rudement, de peur que ça ne soit la peste dont était atteinte la petite fille.
Le regard que posait son reflet sur elle était à présent noir de rancune. Personne n’avait eu pitié des deux femmes. Personnes ne les avait aidées… C’est à la sueur de son front que la vieille dame l’avait ramenée à son père. Entre temps, la fièvre avait empirée en l’absence de soins.

Lucia traversa la chambre pour retourner s’assoir sur le lit, pensivement.


Son père avait été étonné de la revoir. Il la croyait morte, tout comme son épouse. Quel fut son soulagement de voir sa fille encore vivante. Bien sûr, il remercia la vieille dame et lui offrit récompense. C’est la dernière fois que Lucia la vit, malgré ses recherches par la suite à travers le pays. Elle n’avait jamais eu l’occasion de la remercier pour sa bonté.
Quant à elle, son père fut inquiété de sa fièvre. Il pressa des médecins à son chevet, et fut bientôt rassuré du diagnostic. Sa fille était simplement malade… La Cuima lui Satan n’était pas la cause de son mal…
A vrai dire, outre son mal physique, Lucia souffrait intérieurement. Elle s’en voulait de la mort de sa mère et s’en tenait pour responsable. Plus grande encore était sa honte, alors que personne n’était au courant de la volonté de Lucia d’emmener sa mère aux abords de la frontière. Nul ne sut également que son corps avait été souillé par l’un des soldats de Basarab. Ses plus noirs secrets restaient en son cœur, elle n’avait ni l’envie ni le courage de révéler la vérité.
Son père, lorsqu’il avait appris que sa fille était hors de tout danger, c’était enfermé dans la tristesse d’avoir perdu sa femme. Lorsque la petite fut en mesure de sortir du lit, elle le vit même passer des heures agenouillé devant une croix, les mains rejointes en une prière. Lucia ne se souvenait pas d’un tel dévouement pour l’église… Et elle s’aperçut bientôt que ce dévouement pour Dieu ne fut pas qu’une simple passade pour l’aider à trouver la force de surmonter les épreuves qui s’imposaient à lui. Bientôt le pays fut marqué par la croissance de l’influence de l’église. Même sa sœur, Constanta, se rangea auprès de son père. Lucia, elle, ne savait qu’en penser. Si Dieu était vraiment là, pourquoi avait-il laissé une telle horreur arriver à sa mère ? Pourquoi elle ? Ces questions troublaient la petite. Elle se disait que ce n’était pas sur lui qu’elle pouvait compter… Seule elle, pourrait changer à présent les choses. Il fallait qu’elle devienne forte et qu’elle apprenne à se battre !


La jeune femme se releva pour se camper une nouvelle fois devant le miroir. Elle se saisit d’un fin pantalon qui était resté sur une chaise avant de s’en revêtir. Elle prit ensuite ce qui aurait pu faire penser à des bandelettes pour panser une plaie. Mais son usage fut tout autre. Lucia commença à l’enrouler autour de sa poitrine, comprimant cette protubérance afin d’en laisser qu’une bosse plus petite… Une fine chemise de lin blanche vint recouvrir ceux-ci.
Elle enfila ensuite ses jambières et pour finir le tout un haubert. Elle n’avait pas pour habitude de travailler avec une armure complète, préférant à celle-ci, une demi-armure plus souple et beaucoup plus légère pour elle.
Son regard se posa alors sur son épée, posé en appuie contre le miroir. Ses doigts glissèrent amoureusement dessus. Elle se souvenait encore de la première fois qu’elle avait porté la main à une épée…


Peu de temps après ses résolutions de devenir plus forte, elle avait pris son courage à deux mains, et était aller voir son frère. Prétextant l’envie de jeu, pour faire comme si elle était un homme, elle profita du maniement rudimentaire des armes qu’on avait appris à son cadet. Celui-ci se prit au jeu, ne comprenant pas que sous ce prétexte, la fillette comptait bien apprendre réellement cette discipline. Il lui montra patiemment tout ce qu’il avait appris jusque-là, la fillette mémorisant dans le moindre détail ses paroles, feintant et attaquant comme on lui avait appris. Jusqu’à ce qu’un reproche gronde derrière eux. Leur père se tenait derrière eux, et ne semblait pas partager le plaisir des deux enfants. Malgré les explications de Lucia, comme quoi cela n’était qu’un jeu, son père la punit sévèrement, elle, ainsi que son frère, lui défendant avec sévérité de retoucher encore à une épée. Elle était une femme, et une femme ne devait en aucun cas s’adonner à la guerre ! Ceci fut les paroles de son père, telles qu’énoncées.

Mais ce ne fut pas suffisant pour faire abandonner ses projets à Lucia. Si personne n’allait l’aider à apprendre à se défendre, elle, et ceux qu’elle aimait, elle allait apprendre seule.
C’est ainsi qu’elle se retrouva bon nombre de fois, cachée derrière les fagots de paille dans la cours du palais, en train de regarder les soldats s’entraîner. La nuit venue, elle répétait ce qu’elle avait vu le jour, essayant d’imiter au mieux ce qu’elle avait vu.
Lorsqu’elle apparaissait à son père, elle veillait de toujours rester bien habillée pour une femme de son rang, et toujours féminine. Ainsi, ne se douta-t-il de rien.

Puis quand elle eut atteint l’âge de seize ans, elle commença à se grimer en homme et se mêler au soldat. Avec son casque, personne ne la voyait comme une femme. De plus, elle n’avait pas peur de se salir, ni de s’entraîner jusqu’à en suer. Elle put ainsi perfectionner et corriger ce qu’elle avait appris à l’épée. Fort heureusement, elle avait quelques facilités quant au maniement des armes. Elle put ainsi rattraper son retard sur les autres, voire même les surpasser pour la plupart…
Bien sûr, personne ne connaissait son identité. Elle avait l’art de se faire oublier lorsqu’il le fallait et ne restait jamais au campement. Le risque de se faire repérer en tant que femme devenait trop grand…

Elle se découvrit un réel plaisir à l’art de la guerre, et fort peu pour celui des bonnes manières aristocratiques… Sans que son père le sache, elle se fit son épée. L’épée de Dieu, comme il l’aimait à penser lorsqu’il pensait à ses soldats. S’il savait seulement que sa fille en faisait partie… Jamais il ne remarquait son absence, lorsqu’elle s’éclipsait pour rejoindre les soldats. Son attention était portée sur la régence du pays. Ceci était bien pour avantager la jeune femme…


Un soupir se fit entendre… Lucia se regarda une dernière fois dans le miroir, accrochant à sa taille son épée. Les années avaient passées, la rendant plus habile encore dans le maniement des armes. Et elle comptait bien mettre cet atout au service de son pays…
Elle tourna les talons, et avança à pas sûr vers la porte. Actionnant le mécanisme, elle tira la porte vers elle, pour s’effacer à travers son embrasure, son casque sous le bras.


♦Vous♦


Comment avez vous trouvé le forum ? par l’un des admins… Le plus sadique, ça vous aide à deviner non ? Bon d’accord… tout le monde est sadique, et alors ? >.<
Votre activité ? Autant qu’il le faut. J’y passe tous les jours, après j’y reste plus ou moins longtemps selon mon envie, et l’activité du forum ^^
Quelque chose à ajouter ? Et… "c'est ainsi que mourad inaugura le jeune vlad"

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Corneliu Dracul

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MessageSujet: Re: Lucia Danest [Terminée]   Dim 13 Mai - 23:22

Congratulation ! Tu es la troisième à avoir finit sa fiche \o/
Alors que dire à part que part endroit ça manque cruellement de synonyme. Ce qui rend ton histoire un peu lourde par moment.

Enfin à part ça, tout m'a l'air bon alors je te dis Validé ! Et bon jeu !

[et le plus sadique oui c'est moins, et ma tête va très bien]

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Lucia Danest [Terminée]

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