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 Stellan Munteanu - U.C.

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Stellan Munteanu

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Messages : 11
Date d'inscription : 04/04/2012

MessageSujet: Stellan Munteanu - U.C.   Mer 4 Avr - 21:40


Munteanu Stellan





    Carte d'identité

    ♦ Nom : Munteanu.
    ♦ Prénom(s) : Stellan, Gavril.
    ♦ Surnom(s) :
    ♦ Âge :
    ♦ Groupe : Rosetti - la famille Munteanu leur est alliée et est propriétaire d'un Marquisat.
    ♦ Lieu de résidence : Arad, sa périphérie
    ♦ Métier : Futur Marquis. Stellan est également très bon forgeron - fabriquant d'armes et d'armures.


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    ♦ Avis politique : Il vit bien, et il aime cela. Il est donc pour la principauté par intérêt et ne ferait certainement rien de révolutionnaire tant que l'accord que sa famille a avec les Rosetti fonctionne et que ces derniers s'y tiennent (si un jour il reviendrait à être trahi, il changerait certainement de mode de pensée, mais ce n'est pas (encore ?) arrivé).
    Disons ainsi qu'il se fiche pas mal que des personnes n'aient pas d'argent : il mérite d'après lui le sien et les autres, ce n'est pas son problème.

    D'ailleurs, je dois ajouter que c'est ainsi que Mourad inaugura le jeune Vlad.

    ♦ Spécificité(s) : En tant qu'héritier de la famille Monteanu, Stellan est capable de vous faire rapidement et efficacement n'importe quelle arme (il fait de très bonnes lames) et armure, et celle-ci sera de qualité, n'en doutez pas.
    A côté de cela, il s'est également entraîné avec ses propres créations. Par-dessous tout, il manie très bien l'épée et s'en sort avec une arbalète ou encore une arquebuse. Il a cela dit encore beaucoup à apprendre bien entendu, notamment au niveau des armes à feu - mais il progresse vite.

    ♦ Infecté ? Stellan a la chance de ne pas avoir contracté cette maudite peste.

About Me

— Physique —

       Aux soirées mondaines chez les Rosetti, tout le monde se met en valeur. Les hommes exhibent le blanc de leur riche chemise pour se pavaner devant les dames aux robes travaillées mettant seyant leurs courbes affriolantes. Vous n'êtes pas en reste avec votre corsait bordé de dentelles. Du rouge, du jaune, du bleu et du violet, des volants fins et délicats, des lacets et des broderies - l'on ne voit que cela dans ce salon et ce que l'on a toujours vu lors de ces merveilleux, scandaleux banquets où le vin et le vice coulent à flot sans jamais que la source ne se tarisse. Et vous en profitez car vous en avez le droit et le pouvoir. Alors vous regardez tout autour de vous, promenez votre regard dans la salle en vous déplaçant gracieusement dans l'espoir d'hypnotiser quelques regards, de gagner quelques effleurements, de provoquer des frissons, de passer d'agréables moments loin de toute morale.

       Votre regard finit par s'arrêter sur une silhouette entrant discrètement par la porte principale, derrière une femme à la somptueuse robe rouge aux bras d'un homme à l'étrange barbe - elle les dépasse sans leur prêter attention. Vous l'avez vue bien que cela ne semble pas être le cas de tout le monde. L'on aurait dit une ombre et vous la suivez des yeux. Vous ne voyez que des teintes sombres et de part ce fait, vous ne voyez pas à qui vous avez à faire. La curiosité vous pique : vous vous approchez.
       Sans que vous n'en doutiez longtemps, vous vous rendez compte qu'il s'agit d'un homme en partie grâce à sa taille plutôt haute sans être pour autant démesurée. Mais pour l'instant vous ne pouvez pas percevoir autre chose : il est entièrement recouvert d'étoffes. Un manteau mi-long aux tissus riches et épais noir aux reflets bleus qui semble toutefois assez usé couvre ses épaules. Et surtout, il y a cette satané écharpe qui vous empêche de voir plus que ses yeux et qui vous confirme que l'inconnu provient de l'extérieur glacial, qu'il vient juste d'entrer au château. Comme de nombreux hommes, il porte à sa taille une épée rangée dans son fourreau, ou plutôt une rapière à la garde finement travaillée pouvant en dire long sur sa fortune. Il semble chercher quelque chose des yeux de manière assez pressée, comme s'il n'était pas ici pour s'amuser comme vous. Puis finalement, semblant enfin ressentir la chaleur de la pièce : vous le voyez retirer avec soin l'étoffe autour de son cou. Vous faites de nouveau quelques pas. Plus près. Encore plus près.
       A présent il vous a remarqué - vous ne cherchiez pas à être discrète après tout, avec votre regard insistant. A présent que ses yeux sont sur vous, uniquement sur vous, vous pouvez le voir en face. Obligée de lever un peu la tête, vous observez un visage fin plutôt triangulaire mais ayant gardé la douceur des traits jeunes, peut-être même plus jeunes que les vôtres. Peu vous importe, alors vous continuez. Vous tombez sur des lèvres rosées, sèches et que vous devinez même gercées par le froid, un nez peut-être pas tout à fait droit mais en harmonie avec le reste. Sa peau est globalement pâle bien qu'un peu rougie sur le haut des joues - il fait tellement chaud. Non, pas pâle finalement ; blanche. Un blanc qui contraste avec les longues mèches profondément noires, lisses et soignées qui encadrent son visage. Les cheveux longs ne sont pas rares chez les hommes de nos jours, c'est pourquoi vous ne vous étonnez pas de la queue de cheval basse qu'il arbore - cela ne vous empêche pas de vous interroger sur leur longueur que vous ne saurez probablement pas, ses mèches d'encre disparaissant sous son col, derrière un coup tout aussi blanc et fin qu'il semble vouloir protéger avec des vêtements montants.
       Enfin vous tombez sur son regard. Un regard sombre que vous croyiez onyx au départ jusqu'à ce que vous vous rendiez compte qu'il est ici question de bleu. Un bleu foncé saupoudré de gris, couronné de anthracite. Un mélange de teintes qui vous inspire les abysses des océans que vous n'avez pourtant jamais vues. Il vous fixe d'une manière plutôt dure, froide voir austère mais vous ne vous en détachez pas. C'est si différent des bleus clairs et lumineux ou des ocres que l'on a l'habitude de voir que vous ne pouvez que vous y plonger, vous ne pouvez que vous approchez de nouveau.
       Contrairement à ce que vous pouviez penser de part ces prunelles, il se courbe en votre présence pour vous saluer, prend délicatement votre main dans la sienne et la porte à ses lèvres pour effleurer son dos comme le veut la coutume. Ses doigts sont loin d'êtres fragiles, ils ne tremblent pas et leur peau est plutôt sèche mais pas abimée. Vous ne doutez pas que malgré la douceur du geste, sa poigne pourrait être de fer. De même, vous remarquez qu'à présent que vous êtes proches, ses vêtements sont ajustés, laissant deviner un corps fin mais robuste, peut-être pas aussi fort que celui d'un soldat mais certainement pas aussi fragile que celui d'une femme. Enfin, il se présente. « Stellan Munteanu. » Bien sûr. Vous êtes en présence de noblesse, chose dont vous n'aviez de toute façon pas douté un seul instant. A votre tour, vous vous présentez. Il lâche votre main en vous frôlant, un sourire sur son visage finalement pas si froid. Peut-être est-ce votre jour de chance.

       Et pourtant. Vous n'auriez pas dû penser cela, que tout était si facile bien que vous soyez venue pour, justement, que rien ne soit ardu. Il fait quelques pas en arrière, se courbe de nouveau. Au fond vous vous en doutiez, le fils du marquis Munteanu n'est pas là pour la même raison que vous. Vous ne vous lui en voulez pas, vous vous consolez en vous disant que vous aurez croisé son regard, obtenu un sourire et un délicieux effleurement - n'était-ce pas l'une des choses que vous cherchiez et que vous amuse le plus ? Vous le regardez s'éloigner et jusqu'à ce qu'il disparaisse derrière un groupe de personnes hilares, vous ne le quittez pas des yeux.
       Oh, ne vous en faites pas. Vous aurez sûrement une autre occasion de le croiser à nouveau.

— Caractère —


       A venir ~

— Histoire —




       Ma très chère Lenuta,

       J'ai confectionné ce bouquet avec des campanules et des fuchsias, j'ose espérer qu'il te plaît. Il symbolise tout ce que je ressens pour toi. Je suis heureux d'avoir pu te le faire parvenir à temps car en ce mois de février, il me fut très difficile de trouver des marchands susceptibles de vendre ce qu'il me fallait - de plus, tu le sais bien, mettre les pieds en ville n'est pas quelque chose que je fais souvent. Je voulais l'agrémenter de quelques myosotis mais je n'ai pu mettre la main sur ne serait-ce que sur l'ombre d'une pétale. J'aurais voulu t'offrir bien plus mais l'argent ne change pas les saisons.
       Je doute que tu comprennes le langage des fleurs, tu ne t'y es jamais intéressée. Tu les a toujours traité comme toutes les autres plantes - combien de fois as-tu été prise à déposer des tulipes dans les écuries pour nourrir les chevaux ? Moi-même, je ne m'y connaissais pas avant de consulter quelques livres il y a de cela quelques jours. Mais je pense que cela en valait la peine. Elles resteront auprès de toi jusqu'à ce qu'elles fanent, tout comme cette lettre.
       Je sais que tu ne liras pas ces mots. Tu essaiera peut-être, je ne sais pas réellement comme cela se passe à présent pour toi, si tu vagabondes quelques part mais tu t'arrêteras certainement dès la deuxième phrase par manque de concentration. Tu ne sauras pas non plus prendre l'intonation. J'aurais aimé te faire parvenir ma voix mais c'est impossible, il aurait fallu que je parte avec toi. Je n'ai que cette plume et cette encre. Alors même si tu ne lis pas tout, je voulais tout de même te laisse ce message. J'y écris mon cœur.

       J'aurais aimé être là. J'aurais aimé pouvoir te rassurer quand ça s'est passé, j'aurais dû tout arrêter. Tu sais, j'aurais aimé que d'autres personnes te comprennent comme je le fais. Qu'ils sachent que la situation était tellement plus difficile pour toi que pour eux, qu'ils soient assez intelligents pour remarquer à quel point tu es une personne forte et fantastique. Tu es différente. Tu fonctionnes autrement mais tu es loin d'être sotte. J'aurais aimé passer plus de temps avec toi pour te voir, te comprendre plus encore. Tu es une merveille. Je n'ai jamais cru en Dieu mais je pense que je peux le dire : tu es un ange de pureté parmi ces terres de vice. Tu n'as simplement pas eu de chance.
       Je n'ose pas imaginer la panique, la détresse et l'horreur qui a du te secouer. Je pense avoir compris ce que tu pouvais ressentir dans ces moments là et je suis fier de ce savoir même si j'aurais préféré que rien de la sorte n'arrive. J'ai mis du temps car tes explications étaient confuses mais à force d'observation, de patience - car avec toi, je me sens merveilleusement apaisé - j'ai fini par assimiler. Lorsque tu as peur, lorsque tu es en colère, ces émotions qui te donnent l'impression que ton corps explose, qu'il se disperse dans l'air comme de la cendre au gré du vent t'effraient - je le sais maintenant. C'est pour cela que j'ai bataillé longuement - et ai gagné - pour que l'on te confectionne un cercueil particulièrement étroit. Ainsi tu sera tranquille, à l'aise.
       Pourquoi une tombe, me diras-tu ? Tu connais mes croyances, tu connais la tendance de la famille. Il n'y a pas de Seigneur. Toutefois je tiens à ce que tu ais un sépulcre pour une raison parfaitement égoïste : je souhaite quelque chose de matériel auquel me raccrocher, qui me rapporte à toi, où je peux aller pour te parler ou simplement être à tes côtés. Je suis désolé, je n'ai pas réussi me procurer du marbre, ce qui pourtant aurait été digne de toi. Tu aurais mérité des dorures, une pierre tombale sertie de diamants et de perles. Personne d'autre que moi ne l'a voulu. Ces imbéciles. Mais ce n'est pas grave. Je t'apporterais des fleurs souvent, et peut-être même des bijoux que je déposerai juste là, au dessus. Je peux faire ça pour toi. Je ne le ferai certainement jamais pour une autre femme.
       Rassure-toi, je ne toucherai pas la pierre. Je sais que tu détestes les contacts humains. Je communiquerai avec toi qu'avec des mots.

       Maintenant que j'y réfléchis, c'est sûrement mieux comme ça. Je viendrai te parler souvent. Tout sera exactement comme avant, sauf que l'on arrêtera de t'insulter, de te méprendre. Tu n'existes plus pour eux. Pour moi c'est différent, bien sûr. Tu me manques tu sais. Je n'arriverai certainement jamais à me faire à ta non-présence. Mais pour toi c'est mieux ainsi, tu as assez souffert comme cela.
       Tout ce que tu dois savoir, c'est qu'ils paieront. Mon entraînement à l'épée va enfin porter ses fruits, comme si je ne m'étais exercé que pour cela. Des fruits délicieux. Ne t'inquiète pas. Je m'occupe de tout. Tu peux te reposer tranquillement, car je serai digne de toi et punirai de mes mains ceux qui ont osé te faire du mal. Je t'en fais la promesse.

Je t'aime, petite sœur. Cela ne changera jamais. Je t'aime.
Ton frère, Stellan.






       Il avait accroché le papier au bouquet avec un ruban vert comme ses yeux à présent éternellement clos - un vert qu'il aimait qui appartenait à des prunelles ouvertes sur un autre monde que le sien et qui n'avaient jamais observé son visage, comme s'ils ne le voyaient pas. Il n'y avait pas eu de cérémonie, pas de prière lors des obsèques - pourquoi faire ? Personne ne croyait en Dieu chez les Rosetti, la famille que la sienne servait et Stellan ne faisait pas exception. Lenuta, elle, n'avait prêté à la religion que très peu de sa maigre attention pour les choses du commun des mortels. Quand bien même aurait-il cru en Lui par le passé - il aurait été forcé d'admettre qu'il n'était que mensonge quelques jours semaines plus tôt.
       En écrivant son message, il n'avait pas tout dit. Pour s'adresser à sa sœur il s'était fait doux, tendre comme il l'avait toujours été avec elle et s'était montré rassurant. Pour une raison que lui-même ne connaissait pas, il était persuadé que ces lignes lui parviendraient au-delà de sa mort. Elle n'était ni au Paradis ni en Enfer, ceux-ci n'étaient que stupides croyances. Elle était quelque part. Une personne aussi merveilleuse ne pouvait pas disparaître aussi simplement. Il ne pouvait pas l'admettre.
       Quoiqu'il en soit, il avait délibérément omis la fureur qui le rongeait, celle qui lui faisait serrer les poings et contracter la mâchoire lorsqu'il y pensait. Tout le temps. Il allait leur faire payer, les tuer de sang froid. Rien qu'en songeant à planter sa lame dans leurs chairs, à leur ouvrir le corps pour ensuite les regarder souffrir et constater leur propre misère, il jubilait. A présent, il lui fallait des noms et des visages.

       Mais jamais, au grand jamais il n'aurait fait part de ses sombres pensées à sa cadette.

       Avant que le cercueil ne soit scellé, il avait soigneusement déposé le bouquet entre ses doigts gelés et admiré une dernière fois son visage. Le cimetière de la famille Munteanu se trouvait derrière la demeure, plus loin dans le morceau de forêt qui leur appartenait - elle avait été ensevelie tout au bout. Le soleil perçait à peine entre les épaisses feuilles mais cela ne dérangeait pas Stellan. Elle était loin des autres, c'était bien mieux pour elle.

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       Les Rosetti étaient connus pour être très portés sur le vice, les pêchés en tous genres, l'interdit de l'inceste. Ce n'était pas grave. Ils se fichaient de la morale et de bonne façon de faire de la société et surtout, ils se moquaient de ce que pouvait penser l'Eglise de leur audace face à Dieu.

       Gravil Munteanu, nommé Marquis par hérédité, ne pensait pas différemment et de toute façon il n'avait pas intérêt à le faire - il comptait rester allié avec eux pendant très longtemps encore. Il avait une femme qui était également sa sœur : leur union avait été prévue dès leur naissance pour avoir une descendance « propre » - après tout, c'était par hérédité que le noble titre de Marquis se passait, et il ne comptait pas laisser une autre famille prendre sa place ou entacher la sienne. Mais qui sait combien d'enfants illégitimes avait-il pu avoir avec d'autres femmes ? Lors des festivités privées au château, lors de ses escapades nocturnes chez les filles de joie, ou même avec certaines domestiques… Entamer des recherches serait une tâche bien ardue.
       Stellan fut toutefois son premier enfant légitime. Malheureusement, tout ne se déroula pas comme prévu. Né prématuré, il était faible, frêle et avait une santé fragile - pourtant il résista aux conditions souvent défavorable pour le développement d'un nourrisson. Dans le doute et la crainte que son descendant ne succombe à une maladie, Gavril décida qu'il lui fallait un autre enfant pour ne pas prendre de risque. C'est pour cela qu'un an plus tard naquit une petite fille - Lenuta. Une fille. Ce fut là une véritable déception. Malheureusement, l'accouchement se déroula bien plus mal que le premier. La Marquise, cette fois, décéda.
       Et le sort semblait continuer à vouloir s'acharner.

       Le Marquis possédait des terres assez vastes dans la périphérie d'Arad englobant une partie de forêt et un bout de rive du lac. Il ne s'en occupait pas beaucoup - il préférait largement passer son temps au château des Rosetti en charmante compagnie. C'était sa femme Constanta qui s'occupait de tout cela, qui surveillait les forges qu'ils possédaient et qui s'assurait, avant qu'elle ne meurt, que tous les échanges, ventes et achats vers l'extérieur se passaient correctement. Si ce n'était pas le cas (ou s'il y avait un intrus sur les terres), elle se chargeait d'envoyer des sous-fifres qui mettaient toute personne se trouvant en travers du chemin des Munteanu hors d'état de nuire. Ils faisaient généralement du bon travail, et il fallait dire qu'ils avaient un bon équipement : les Munteanu étaient des fabriquant d'armes hors pair. Une grande partie de leur production partait chez les Rosetti, Dieu sait ce qu'ils en faisaient (peut-être les revendaient-ils à une famille alliée, les Munteanu ne savaient pas mais tant que le commerce fonctionnait, peu importait)
       Lorsque Constansa perdit la vie en la donnant à son deuxième enfant, la situation se compliqua. Gravil était obligé de s'assurer de l'éducation de sa descendance tout en s'occupant de tout ce qui touchait au commerce familial.

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       Pour des raisons de santé, Stellan ne fut pas autorisé à quitter la demeure familiale avant ses sept ans. Lorsque toutefois il le fallait vraiment (pour des soirées importantes au château, lorsqu’il fallait le présenter en tant qu’héritier, etc), il était constamment couvert jusqu’au nez par de nombreux vêtements pour éviter qu’il ne tombe trop souvent malade. La vraie raison, bien que l’on ne lui en parlât jamais, était que de cette manière, s’il venait à succomber à un quelconque mal, trouver un nouvel héritier (tant pis s’il était bâtard) ne serait pas difficile : personne n’avait vu le visage de Stellan en entier à la cour. N’importe quel enfant de son âge pouvait donc faire l’affaire.
       Les escapades au château étant tout de même assez rares pour lui, il restait la plupart du temps dans la demeure de son père, entouré des servants et de ses précepteurs. Bien sûr, il lui tardait d’aller s’entraîner à l’épée ou même d’apprendre à en fabriquer une mais lui-même n’était pas certain de pouvoir un jour le faire. Il avait néanmoins l’espoir. Et à vrai dire, tout se déroulait plutôt bien du côté de Stellan qui, malgré l’absence d’une mère et le fait que son père ne fut quasiment jamais là, était toujours bien entouré. C’était un enfant assez vif d’esprit qui apprenait vite. De plus, petit à petit, son état s’améliorait. Beaucoup d’espoirs étaient placés en lui.
       Le problème, c’était Lenuta.
« — Cette petite est bizarre.
— Chaque matin, c'est tellement pénible d'avoir à l'habiller.
— A qui le dites-vous, j'ai deux gros bleus à la jambe à cause d'elle.
— Pensez-vous qu'elle puisse être souffrante d'une maladie ? Elle a à présent dix-sept mois et elle n'a toujours rien dit. Et cette manière d'aligner les cuillers… c'est effrayant !
— Je ne sais pas… Elle ne semble avoir mal nulle part. Quoiqu'il en soit il faut éviter de s'en approcher au maximum. Elle exècre que l'on la touche de toute façon. Je préfère ne pas le faire.
— Vous avez raison. Vous avez entendu, jeune monsieur ? Vous ne devez pas vous approcher de Lenuta. Elle risquerait de vous faire du mal. »
       C'était le genre de chose que Stellan avait coutume d'entendre venant des servantes chargées de leur toilette ou de leur faire à manger, de les lever ou des les coucher et, entre autres, de les habiller. Elles ne se gênaient pas pour dire ces mots alors que la plus jeune était aux alentours - alignant, empilant inlassablement les cuillers en argent comme s'il s'agissait d'un jeu fascinant. Stellan se sentait toujours mal lorsque cela arrivait. Et si elle les écoutait ? Et si elles les comprenait ? Pourtant elle ne réagissait pas. Au-delà de la peur qu'elle lui inspirait, il ressentait de la compassion pour sa sœur. De la curiosité aussi. Il connaissait sa voix de part ses grognements ou ses cris, mais pas de part ses mots. Ainsi, s'il la craignait beaucoup - surtout lorsqu'elle réagissait excessivement violemment lorsque l'on la touchait - il ne parvenait pas à détacher son regard d'elle. Elle avait les yeux incroyablement verts.
       Mais il ne l'approchait certainement pas. Il était bien trop effrayé pour cela. Alors il obéissait et l'évitait comme tout le monde le faisait sans se poser de questions. Que pouvait-on attendre de plus d'un enfant de quatre ans.

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       Lorsqu'il eut huit années et lorsqu'il parvint à rester plus de quatre mois sans tomber malade, Stellan fut emmené aux forges par son père. C'était la première fois qu'il restait avec lui et seulement lui plus de vingt minutes. Mais le savoir des Munteanu était un savoir qui se transmettait de génération en génération, et lorsqu'il allait devoir succéder à Gavril, Stellan devait avoir atteint son niveau. Et s'il ne put pas toucher au moindre marteau, le jeune héritier observa, écouta attentivement son père et s'efforça d'apprendre tout ce qu'il y avait à savoir au niveau de la théorie, du moins ce qu'il pouvait. Heureusement, c'était un monde qui lui plaisait.
       Parfois, l'air était à force trop nocif pour ses poumons, le forçant à sortir respirer l'air frais dehors. L'atelier personnel de Gavril était non loin de leur manoir et, surtout, près d'un champ avec des vaches et des écuries. Et il eut une idée.
« — Lenuta ?
— …
— J'ai quelque chose à te montrer.
— … Hm… Hmmm…
— Je sais que je n'ai pas vraiment le droit de venir te droit mais je te promets que je ne te toucherai pas comme tu n'aimes pas ça. »
       Il ne savait pas s'il faisait bien. L'on lui avait finalement interdit tout contact avec sa sœur, et il était venu voir la jeune fille d'à présent six ans pour lui demander de le suivre en cachette. Il n'était même pas sûr qu'elle l'eut entendu.
       Finalement, elle avait tourné la tête vers lui. Il s'était figé. Elle ne l'avait pas regardé dans les yeux, elle avait regardé quelque part entre son cou et sa poitrine, ou sa bouche peut-être - mais pas ses yeux. Elle avait ensuite bougé les épaules de droite à gauche. Stellan su qu'elle avait compris.
       C'avait été bizarre de marcher ainsi, tous les deux. Après six ans, il s'agissait du premier vrai contact et déjà il se sentait un peu plus proche d'elle. Il savait ce qu'il fallait ou ne fallait pas faire dans les grandes lignes. C'est pour cela qu'il l'avait amenée aux écuries et pas ailleurs.
       Ils étaient partis assez tard le soir pour échapper à toute surveillance et, une lampe à huile à la main, Stellan s'était approché des box pour laisser la place à sa sœur qui s'était avancée. Elle avait fixé l'animal en face d'elle et ce dernier était resté immobile, la tête par-dessus la porte basse. Cela avait duré longtemps et l'aîné avait fini par s'assoir un peu plus loin. Il n'avait aucune idée de ce qu'il se passait dans la tête de Lenuta. Elle était un mystère total. Il n'arrêtait pas de la fixer : elle avait un regard si intense… un regard qu'elle n'avait jamais accordé à un être humain.
       Fascinante. C'est ainsi qu'il commença à voir sa sœur.

       Ils y retournèrent souvent. Lenuta ne disait jamais un mot et ne le regardait en aucun cas mais Stellan en était sûr : elle était contente. Heureuse aurait été un grand mot mais il savait que cela lui faisait plaisir de se rendre aussi souvent dans les écuries.
       Lui-même, malgré les étranges bruits qu'elle pouvait faire et qui autrefois l'effrayait, se sentait bien en sa présence. Ce n'était pas comme avec les gouvernantes ou les pédagogues qui étaient toujours sur son dos ou comme avec son père qui lui enseignait sèchement l'art de la forge. Avec elle, tout était simple et reposant - Stellan appréciait le silence même s'il espérait toujours un regard. Cela ne l'empêcha pas de se sentir heureux et fier lorsqu'elle toucha pour la première fois le museau d'un cheval de son propre chef. C'était un progrès.

       En cours ~

— Vous —

Comment avez vous trouvé le forum ? Ben écoutez, un jour je l'ai croisé dans la rue, nous nous sommes regardés, puis ensuite on est partis au bar, il m'a invité chez lui et-
Non, en fait je suis là grâce aux admins : D
Votre activité ? FRANCHEMENT ça dépend. Ma connexion est capricieuse tout comme mon inspiration ._.
Eeet je sais pas si je m'inscris vraiment au bon moment mais je vais bientôt déménager. Donc il y aura un moment d'ici ces quelques mois où je n'aurai pas du tout accès à internet. Je pense que les admins sont déjà au courant mais sait-on jamais, mieux vaut prévenir que guérir !
Quelque chose à ajouter ? Mouette.

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Vlad Basarab

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Messages : 51
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Age : 22
Localisation : forêt de pals ~

MessageSujet: Re: Stellan Munteanu - U.C.   Jeu 5 Avr - 8:00

Encore un petit rosetti ? Well, ça ne me fait que plus d'alliés !!
Très belle présentation pour le moment !!

saumon c'est bien toi?

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Stellan Munteanu

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Messages : 11
Date d'inscription : 04/04/2012

MessageSujet: Re: Stellan Munteanu - U.C.   Jeu 5 Avr - 13:35

On va dominer le monde, ho ho !
Merci pour l'accueil en tout cas, je vais essayer de pas trop traine pour la suite ^_^

Oui c'est moi ~ ♥
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Corneliu Dracul

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Messages : 151
Date d'inscription : 11/12/2011

MessageSujet: Re: Stellan Munteanu - U.C.   Jeu 5 Avr - 21:47

Je vais brûler les Rosetti è_è. Sinon bienvenu saumon ! Et je continue à dire que j'adore ton vava bon sang !

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Stellan Munteanu

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Messages : 11
Date d'inscription : 04/04/2012

MessageSujet: Re: Stellan Munteanu - U.C.   Ven 6 Avr - 14:13

Hin hin ! Les Rosetti tu peux pas test ! /VLAN/

Et merci beaucoup !
Les cheveux longs c'est le bien.
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Grigore Rosetti

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Messages : 9
Date d'inscription : 11/12/2011

MessageSujet: Re: Stellan Munteanu - U.C.   Ven 6 Avr - 15:56

Ah. Voilà donc un nouveau partisan à la cause des Rosettis ? Bien bien. Prépare toi à mourir de mes mains à occuper une place importante, car la Roumanie sera bientôt nôtre !
Brefouille. Bonne chance Stell ~ Ou devrais-je dire Izaya ? ~
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Feliks Rosetti

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Qui suis-je ?
Métier: Prince
J'habite à: Arad
Avis politique:
MessageSujet: Re: Stellan Munteanu - U.C.   Ven 6 Avr - 22:30

A ce rythme il est clair que la guerre risque de vite prendre fin °° ! M'enfin je ne m'en plains pas, vu que ce tout nouvel allié à l'air particulièrement cool ~
Au risque de répéter les dires des mes camarades, j'aime ton kit. Je peux l'épouser ? //bonk//

Bref, très très bon début de fiche ! Tu m’épates toujours autant, j'aime ! J'ai hâte de voir la suite 83


_________________

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Stellan Munteanu

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Messages : 11
Date d'inscription : 04/04/2012

MessageSujet: Re: Stellan Munteanu - U.C.   Ven 6 Avr - 22:36

Ouah *_*

Merci bien Suzak Grigore. Ho ho, oui, nous dominerons ! Mais m'approche pas trop quand même, hein, tu me fais peur :'D

Bien sûr que tu peux l'épouser Feliks quelle question ! Et merci beaucoup, que de compliments ! Je vais essayer de pas traîner pour la finir. Allez, je me remets au caractère o/
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MessageSujet: Re: Stellan Munteanu - U.C.   

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Stellan Munteanu - U.C.

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